une rencontre

Plus de rêves romantiques

Les femmes sont souvent plus ouvertement sentimentales que les hommes. Étant plus douées pour l’intimité, elles ont tendance à prendre du plaisir aux gestes qui symbolisent l’importance d’une relation : une petite tendresse, un cadeau touchant, une sortie imprévue. De même, elles auront plus de petits secrets qui pourraient bien cacher quelque chose. Il existe pourtant des trucs et astuces pour savoir si votre femme vous trompe. Les hommes, en revanche, se sentent légèrement mal à l’aise s’il leur faut exprimer aussi directement leur amour. Ce n’est pas qu’un homme ne se soucie pas d’exprimer ses sentiments, mais simplement il lui semble que les gestes sentimentaux sont considérés comme des preuves de l’étendue de son attachement et de son besoin de la femme. Il est clair que les femmes ne craignent pas autant cette manifestation de leur amour. Annette croyait que, si l’amour de Michel était égal au sien, il aurait le même désir de romanesque. Michel n’aimait pas moins Annette, mais, pour lui, un tel comportement n’était pas nécessairement synonyme d’attention. Annette ne comprenait pas que des demandes incessantes de romantisme puissent être fatigantes alors que des demandes occasionnelles ne le sont pas. Des femmes comme Annette ont besoin de prendre un peu de distance, d’oublier un peu. Cela n’implique pas qu’elles soient moins aimantes : quand un homme est sûr de l’affection et de la constance de l’amour d’une femme, cela lui permet d’être moins sur ses gardes, plus tranquille et davantage capable d’intimité. Mais un homme a également besoin, de temps à autre, d’une distance entre sa femme et lui pour se sentir plus activement engagé dans sa relation avec elle. Il lui est indispensable de penser qu’elle n’est pas exagérément dépendante de lui. Les espoirs immenses créés par les illusions romanesques sont dangereux non seulement parce qu’ils font fuir les hommes, mais parce qu’ils cachent souvent un problème fondamental auquel il est nécessaire que la femme se confronte : l’estime de soi. Sur ce point, les femmes, mais aussi les hommes, chercheront parfois des solutions extérieures à leurs problèmes personnels de valorisation et de bien-être. Le romantisme peut représenter une tentative pour les résoudre. Non seulement il nous procure le sentiment d’être plus intéressants et d’avoir une plus grande valeur, mais il donne également une sorte d’élan ou d’excitation à nos vies. L’ennui constitue un problème, car la plupart d’entre nous en font l’expérience à un moment ou à un autre. Nos vies, parfois, nous paraissent ternes, et la quête de l’excitation, de « temps forts », constitue souvent un antidote à l’ennui ou à la tristesse. Au cours de sa thérapie, Annette découvrit qu’elle avait été relativement déprimée pendant la plus grande partie de sa vie adulte. Sa soif de sentimentalité représentait une tentative pour se sentir plus vivante, pour donner plus de sens à son quotidien. Si vous vous reconnaissez quelque peu en Annette et en ses attitudes, vous pouvez agir et, tout d’abord, vous poser certaines questions. Comment me sentirais-je vis-à-vis de moi-même ou de mes relations amoureuses si elles continuaient de la même façon, si elles n’étaient pas constamment réactivées grâce à mes inventions romanesques ? Qui suis-je en l’absence de ces moments ou sans ces choses qui sont, pour moi, des preuves de ma valeur ? Est-ce que je vaux quelque chose ? Suis-je quelqu’un d’estimable ? Cela n’implique pas que nous devons éliminer tout romantisme de notre vie. Mais il est nécessaire que nous sachions si nous pouvons nous sentir bien dans notre peau, simplement, par ce que nous sommes, et sans dépendre des réactions des autres à notre égard. Le travail consiste, en fin de compte, à découvrir la différence entre nos exigences raisonnables et celles qui ne le sont pas. Ces dernières sont véritablement l’expression de dilemmes personnels non résolus.

L’éternelle demoiselle d’honneur

Paule, trente-quatre ans, pédiatre, veut se marier et avoir un enfant, et elle a l’impression que Jeff est l’homme qu’il lui faut. Après avoir vécu ensemble huit mois, la question de l’engagement et du mariage n’est toujours pas l’occasion de discussions ouvertes entre eux, mais une source de frustration et de pression incessantes. Paule éprouve un sentiment d’insécurité et est déçue du fait que Jeff ne se sente pas prêt. Jeff, lui, sait qu’il doit prendre une décision, à ses yeux trop précipitée, car il sent qu’il est encore en train de découvrir Paule. « J’ai constamment envie de lui dire : “ Ne me pousse pas, ne mets pas en danger notre relation ”, déclare Jeff. Mais chaque fois que je dis quelque chpse de cette sorte, elle se sent blessée et pense que je l’agresse. Je sais que je l’aime, mais j’ai besoin de plus de temps, je ne veux pas commettre une erreur. » Paule s’explique : « Tout à coup, cela m’a frappée. J’ai trente- quatre ans et je désire vraiment avoir des enfants. Toute la journée, je suis entourée d’enfants, mais j’en veux au moins deux à moi et, soyons lucides, je n’ai pas beaucoup de temps devant moi. » Paule vit une tension particulière que beaucoup de femmes ressentent aujourd’hui : elles ont l’impression que le temps est en train de les rattraper alors qu’elles ont retardé le moment de se marier et d’avoir des enfants pour des raisons d’études et de carrière. L’erreur que Paule commet avec Jeff est grave. Son désir de mariage et le fait qu’elle soit prête à le faire rapidement, ainsi que sa confiance dans l’avenir de son amour à lui, font que les moments qu’ils passent ensemble sont tendus et pénibles. Son désir qu’un projet définitif soit arrêté place Jeff dans une situation émotionnelle difficile. Il se sent contraint d’affirmer la solidité de son lien, alors que celui-ci n’est pas encore évident ni complètement épanoui. Extrêmement sensible à son propre rapport au temps et très à l’aise à l’idée de se marier, Paule est en même temps insensible à la nécessité pour Jeff d’envisager les choses plus calmement. Certains hommes ont besoin d’un petit coup de pouce pour franchir cette dernière étape, mais le sérieux d’un tel engagement exige que Paule reconnaisse à Jeff le droit de n’être pas aussi à l’aise qu’elle et de n’avoir pas le même rapport au temps, face à cette décision. Sans aucun doute, Jeff a du plaisir à être avec Paule. Avec un peu plus de temps et lorsqu’il aura accepté ses propres insécurités, il ira dans le sens d’une union plus profonde avec elle. Mais la force du désir de Paule et son besoin grandissant d’une relation permanente risquent de le faire fuir.

Comprendre les différences de rythme.

Paule s’inquiète de savoir si, oui ou non, elle perd son temps en attendant que Jeff se décide. En l’absence de points de repère sur ce thème de l’engagement et du temps qu’il demande, les femmes en âge d’avoir des enfants éprouvent une angoisse extrême aujourd’hui. Comment savoir si le moment est approprié ? Les hommes semblent prêts à envisager la possibilité d’un engagement, après avoir connu une femme pendant un ou deux ans. Les femmes, elles, pensent que la question doit être abordée sérieusement après six mois ou un an. Notez l’écart. Pour la plupart des femmes, le moment propice au mariage se situe deux fois plus tôt que pour les hommes ! Cet écart ouvre la porte à de nombreux malentendus et à une forte tension. Néanmoins, au fur et à mesure qu’ils approchent de la quarantaine, les hommes sont souvent enclins à s’engager — ce qui est surprenant — plus rapidement que les hommes de trente ans qui ont encore l’impression d’avoir beaucoup de temps devant eux avant de se marier ou de fonder une famille.

Le castor ardent

L’angoisse d’une femme confrontée aux sentiments d’un homme à l’égard du mariage peut surgir au cours de leurs toutes premières rencontres. Et cette inquiétude ne peut être que source d’échec. Stéphane, quarante-deux ans, dessinateur industriel, avait rencontré pas mal de femmes dans l’année qui suivit son divorce. Il s’intéressa beaucoup à Sandra, trente-six ans, directrice du personnel d’un grand magasin, pendant le premier mois qu’ils passèrent ensemble. Elle était intelligente et faisait partie de plusieurs associations dont il était également membre. Mais au bout de six semaines, déjà, il commença à lui témoigner plus de froideur et, peu après, lui déclara qu’il ne croyait pas à l’avenir de leur relation. « Lorsque j’y repense, dit-il, les premiers signaux d’alarme étaient manifestes dès le début. La première fois que nous sommes allés dîner ensemble, Sandra me fit savoir tout de suite que je l’intéressais et qu’elle voulait me revoir très vite. Nous décidâmes alors de nous retrouver deux jours plus tard. Ensuite, chaque fois que nous nous sommes vus, elle mentionnait dès les deux premières heures un film qu’elle avait envie de voir ou faisait des projets pour le week-end suivant et n’en démordait plus. « Deux semaines environ après que nous avons commencé à faire l’amour ensemble, elle me demanda pendant le dîner si j’envisageais de me remarier dans un avenir proche, probablement dans les deux ans, lui répondis-je, et que j’aimais vivre avec quelqu’un et ne me voyais pas restant célibataire pour le reste de ma vie. Elle me dit alors qu’elle recherchait une relation affective exclusive et qu’elle ne faisait l’amour avec personne d’autre que moi. « C’était comme si, à ses yeux, je m’étais engagé à avoir une liaison avec elle et qu’elle était en droit d’attendre tout de moi : disponibilité de temps, nombreux coups de fil... et vie de couple. Comme si elle avait décidé dans sa tête que j’étais déjà son mari. En ce qui me concerne, je passai deux semaines formidables, puis je commençai à m’éloigner et très rapidement ce fut terminé pour moi. »

Contenir votre angoisse.

Il est sage de discuter vos objectifs et les projets que vous faites concernant votre vie, relativement tôt, en cas de rencontre nouvelle et pas seulement de rencontre adultère, et aussi de découvrir ce que l’homme recherche. La question qui se pose est : tôt oui, mais quand? Et, aussi, est-ce que vous cherchez simplement des informations ou est- ce que vous essayez d’alléger votre angoisse ? Désirer profondément s’engager est chose normale et naturelle. Avoir peur que cela ne vous arrive pas est également compréhensible. Mais ne vous laissez pas submerger par le pessimisme et ne permettez pas que votre manque de confiance en vous ruine tout. Les « soifs » émotionnelles ne sont jamais perçues comme des dons par l’autre. Le déclin de cet optimisme qui vous pousse à trouver l’amour se transforme trop facilement en désespoir, qui se transmettra à un homme, quelle que soit la façon dont vous tentez de le cacher. Lorsque quelqu’un envoie des signaux indiquant un désir émotionnel trop fort, cela a pour effet, et ce n’est que trop prévisible, de faire fuir l’autre. Pourquoi ? Tout d’abord, parce qu’une envie désespérée est perçue comme nourrie de besoins irrésistibles dépassant de loin la relation proprement dite et se rattachant bien plus à des problèmes d’estime de soi que d’amour. Ensuite, parce qu’elle submerge l’autre : il a le sentiment, qu’un besoin aussi intense ne peut pas aisément être satisfait. Et, en dernier ressort, parce qu’il ne laisse pas de place à l’autre pour démontrer activement son amour. Le véritable sentiment d’amour n’est vécu que lorsque nous sommes dans le rôle actif de « celui qui aime » et non dans le rôle de « l’aimé ». Nous sommes rebutés par le débordement et attirés par la confiance en soi et la force. Comment aller dans cette direction ? Essayez de définir plus clairement ce qui vous fait plonger dans l’arène de l’amour. C’est probablement beaucoup plus intéressant et valable que vous ne le croyez. Souvenez-vous de la qualité de votre amour, car cette pensée remplira le vide et peu à peu dissipera votre manque de confiance en vous. L’urgence désespérée ; ne nourrit qu’une seule chose : le désespoir. Si l’on s’apprécie et qu’on croit en ses chances d’être aimée, cela laisse peu de champ au désespoir. Canalisez l’énergie engendrée par votre angoisse dans des activités qui renforcent et accroissent cette précieuse estime de soi et vous donnent l’occasion de faire de nouvelles rencontres dans un contexte différent. Si un homme affiche les mêmes objectifs que vous, comprenez bien que, même s’il dit qu’il désire se marier et avoir des enfants, cela ne signifie pas nécessairement que c’est à vous qu’il pense. Et, dans la situation la plus idéale et la plus riche de promesses, dans laquelle tous deux vous sentez faits l’un pour l’autre, prenez soin de maintenir vivace et réciproque le désir d’être encore plus proches. Lorsque votre angoisse liée au désir de vous marier devient prédominante, elle enclenche une dynamique qui a pour conséquence d’amener l’homme à se sentir « sous influence », et, ce qui le rend mal à l’aise, responsable de votre bien-être. Cela l’empêche , d’être un amoureux actif, et ruine tout espoir véritable de réciprocité. Il risque fort de devenir passif, d’être sur la défensive et même d’éprouver du ressentiment et, finalement, de s’éloigner de vous plutôt que de réitérer sans cesse des promesses de mariage.

La quête du statut

« Je pense que maintenant, c’en est trop. Quoi que je fasse ou quoi que je lui donne, ce n’est jamais assez. » C’est ainsi que s’exprima Alain, lorsqu’il commença sa thérapie de couple avec France, sa femme depuis cinq ans. Elle lui répondit en criant : « Je ne pense pas que je te demande trop : nous avons tous les deux voulu la maison, les vacances, les fringues. Du moins, c’est ce que tu m’as toujours fait croire. » France, vingt-neuf ans, avait raison. Alain, quarante-trois ans, avait en effet beaucoup promis, essayé de lui offrir une existence luxueuse, mais, aujourd’hui, il était fatigué. Alain et France avaient un train de vie qui dévorait chaque centime du salaire annuel qu’Alain percevait comme cadre dans une société d’import. France était déçue qu’Alain n’ait pas été capable de fonder sa propre entreprise et que, récemment, le poste de directeur général pour lequel il s’était tant battu ne lui ait pas été donné. « D’autres y arrivent, avait-elle dit. Ils font en sorte de ne pas se trouver cantonnés dans un travail où ils ne peuvent pas vraiment gagner de l’argent et où ils ne sont jamais leur propre maître. » Alain avait un emploi très bien payé avec des responsabilités considérables et, pourtant, il avait l’impression d’avoir échoué aux yeux de sa femme. « Elle me donne le sentiment de ne pas être “ à la hauteur ”, de ne pas être assez intelligent, assez riche, ou assez courageux pour la rendre heureuse. Mais ce qui me rend véritablement fou, c’est que ma réussite dépasse de beaucoup ce qu’elle a fait ou pourra jamais faire. » France avait travaillé comme maquilleuse indépendante dans des grands magasins de la ville avant de rencontrer Alain et maintenant ne travaillait plus que de temps à autre, et considérait ses revenus comme inadéquats. Derrière son apparence polisse, France cachait un sentiment d’incomplétude et d’incapacité. En conséquence, sa relation avec son mari était principalement centrée sur l’espoir de se valoriser, d’acquérir de l’importance à travers lui. Ce que France n’avait pas accompli par elle-même, elle tentait de l’obtenir par procuration, par le biais de son mariage. Tout au long de leur vie, les hommes se sentent écrasés par la nécessité de réussir. France ne se rendait pas compte à quel point ses demandes avaient fait naître chez Alain une hostilité profonde. La plupart des hommes ont suffisamment d’exigence vis-à-vis d’eux-mêmes et, ce qui est très naturel, ils n’apprécient pas que leur partenaire leur en impose d’autres. De même que les femmes sont soumises à tout un ensemble de pressions qui leur sont propres, les hommes sont conditionnés par l’idée qu’ils sont censés travailler dur et réussir. Les femmes qui comprennent comment les hommes réagissent à ces critères culturels sont chéries, c’est logique, par les hommes avec lesquels elles vivent ; celles qui ignorent ces vulnérabilités particulières aux hommes courent le risque d’être abandonnées.